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Le système immunitaire pourrait être modifié pour attaquer le cancer

“Une méthode permettant d’attaquer le système immunitaire afin d’attaquer le cancer a été découverte par des chercheurs américains”, rapporte BBC News information sur les médicaments.

Le système immunitaire (s’il fonctionne correctement) est programmé pour ne pas attaquer les propres cellules du corps. Comme le cancer provient des propres cellules du corps, le système immunitaire peut ne pas être en mesure de le reconnaître comme une menace et, par conséquent, ne pas l’attaquer aussi vigoureusement qu’il le ferait autrement. Les chercheurs travaillent sur le développement de méthodes permettant au système immunitaire d’attaquer les tumeurs, mais pas les cellules saines du corps. Ce type d’approche au traitement est appelé immunothérapie.

Le présent rapport est basé sur la recherche au stade précoce chez la souris, qui a suggéré que le blocage de la fonction d’un type de cellule du système immunitaire appelé Foxp3 + cellules Treg chez la souris permet de réduire la croissance tumorale.

Les chercheurs espèrent pouvoir utiliser cette approche pour développer de nouveaux traitements contre les cancers humains. Avant tout test humain, il y aura probablement plus d’études animales pour s’assurer que cette approche est suffisamment sûre pour être testée chez l’homme.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie et d’autres centres de recherche aux États-Unis. Il a été financé par les National Institutes of Health des États-Unis.

L’étude a été publiée dans la revue à comité de lecture Nature Medicine.

Le site Web de BBC News fournit un bon résumé de la recherche.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Il s’agissait d’une étude sur les animaux visant à déterminer si le fait de bloquer la fonction d’un type de cellule du système immunitaire, appelé cellules T régulatrices (Treg), aiderait le système immunitaire à lutter contre le cancer. Les cellules Treg empêchent habituellement le système immunitaire d’attaquer les propres cellules du corps, mais elles limitent également la réponse du corps aux cellules cancéreuses. Les chercheurs ont voulu voir si en réduisant l’effet des cellules Treg, le système immunitaire serait mieux à combattre le cancer.

Ce type de recherche biologique est réalisé en laboratoire et chez l’animal car les techniques utilisées (telles que le génie génétique) ne seraient pas possibles (ou éthiques) chez l’homme.

Une fois que les chercheurs ont compris si l’approche fonctionne, ils doivent alors trouver un moyen de développer de nouveaux traitements potentiels pour les maladies humaines. Tous les nouveaux traitements doivent également être testés en laboratoire et chez les animaux pour s’assurer qu’ils fonctionnent et sont suffisamment sûrs pour passer aux tests chez l’homme.

Ce processus réduit le risque que de nouveaux traitements puissent causer des dommages, mais cela signifie que le développement de traitements peut prendre beaucoup de temps.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont utilisé deux méthodes différentes pour empêcher un type particulier de cellules Treg, appelées cellules Foxp3 + Treg, de travailler chez la souris. Ils ont ensuite examiné quel effet cela avait sur la croissance de la tumeur chez ces souris et si cela provoquait l’attaque des cellules saines par les systèmes immunitaires de la souris.

Les deux méthodes utilisées par les chercheurs ont bloqué une protéine (appelée p300) nécessaire au bon fonctionnement des cellules Treg. La première méthode a utilisé le génie génétique pour supprimer le gène qui codait la protéine des cellules Foxp3 + Treg. La deuxième méthode utilise un produit chimique appelé p300i qui empêche la protéine p300 de fonctionner.

Les effets de ces méthodes ont été testés en injectant ces souris génétiquement modifiées ou traitées et des souris normales avec des cellules tumorales sous leur peau et en mesurant la croissance tumorale.

Quels ont été les résultats de base?

Les souris qui ont été génétiquement modifiées ou traitées avec p300i pour réduire l’activité des cellules Treg Foxp3 + ont montré une croissance tumorale réduite par rapport aux souris normales. Le génie génétique ou le traitement par p300i ne semble pas avoir eu d’effets indésirables sur d’autres cellules du système immunitaire.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont conclu que la protéine p300 est importante pour que les cellules Treg Foxp3 + fonctionnent correctement. Le blocage de cette protéine a réduit la croissance tumorale sans que le système immunitaire attaque les cellules saines. Ils disent que cela suggère une nouvelle approche pour l’immunothérapie pour traiter le cancer.

Conclusion

L’étude actuelle a suggéré que le blocage de la fonction d’un type de cellule du système immunitaire appelé Foxp3 + cellules Treg chez la souris permet de réduire la croissance tumorale.

Le système immunitaire maintient normalement un équilibre délicat dans le corps, en luttant contre l’infection et d’autres menaces externes, mais sans attaquer les propres cellules du corps. Cela pose un problème dans le cancer, où les cellules qui constituent la menace sont les propres cellules du corps, que le système immunitaire n’attaque donc pas. Les chercheurs espèrent pouvoir faire pencher la balance suffisamment pour que le système immunitaire attaque les tumeurs, mais pas les cellules saines.

Bien que cette étude offre une nouvelle approche possible pour ce faire, plus de recherche sera probablement nécessaire chez les animaux pour évaluer davantage les effets secondaires potentiels de ce traitement avant que cela puisse être considéré pour les tests chez les humains.