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«Gène pour la douleur chronique identifié»

Un “gène responsable de la douleur chronique a été identifié”, rapporte la BBC. Il a déclaré que cela pourrait conduire à des médicaments pour traiter les maux de dos de longue durée.

Cette histoire est basée sur des recherches effectuées chez la souris. Les chercheurs ont constaté que la suppression d’un gène appelé HCN2 des nerfs sensibles à la douleur chez les souris les a empêchés d’avoir l’hypersensibilité chronique à la douleur causée par une lésion nerveuse. Cependant, leur capacité à ressentir la douleur à court terme (aiguë), par exemple de la chaleur ou de la pression, n’a pas été affectée.

Cette recherche a mis en évidence un rôle potentiel de HCN2 dans un type de douleur chronique, appelée douleur neuropathique, causée par une atteinte des nerfs eux-mêmes. Cependant, il est important de noter que cette étude était chez la souris et a examiné l’effet de l’élimination du gène HCN2 plutôt que d’utiliser des produits chimiques pour bloquer sa fonction. Par conséquent, il ne peut pas nous dire si cette stratégie réussira à traiter les formes humaines de douleur chronique. Cette connaissance peut aider les scientifiques à développer des médicaments pour cibler ce type de douleur à l’avenir, mais beaucoup plus de recherche sera nécessaire pour déterminer si ce sera le cas.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Cambridge et de l’Université de Cadix cataracte. Le financement a été assuré par le Conseil britannique de la recherche en biotechnologie et en sciences biologiques, l’Union européenne, Organon Inc. et une bourse d’études de la Cambridge Gates Foundation. L’étude a été publiée dans la revue à comité de lecture Science.

La BBC fournit une bonne description de cette étude, indiquant clairement qu’elle a été réalisée chez la souris.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Il s’agissait d’une recherche sur les animaux visant à déterminer si une protéine du canal ionique appelée HCN2 pourrait jouer un rôle dans la détection de la douleur. Les canaux ioniques sont des «pores» protéiques dans la membrane cellulaire qui contrôlent l’écoulement des atomes électriquement chargés dans ou hors de la cellule. Dans les nerfs, ce flux d’ions est essentiel pour leur permettre de transmettre des signaux.

Les chercheurs disent que la fréquence avec laquelle les nerfs impliqués dans la détection de la douleur envoient des signaux au cerveau (appelé leur taux de tir) affecte l’intensité de la douleur ressentie. Ce taux pourrait être influencé par les canaux ioniques, y compris la famille des canaux ioniques HCN.

Les membres HCN1 et HCN2 de la famille des canaux ioniques HCN sont présents à des niveaux élevés dans les nerfs impliqués dans des sensations telles que la douleur et le toucher. Des expériences antérieures ont suggéré que HCN1 ne joue pas un grand rôle dans la détection de la douleur, les chercheurs ont donc voulu savoir si HCN2 pouvait être important dans la détection de la douleur.

La recherche animale et en laboratoire est souvent le meilleur moyen d’étudier le rôle des protéines individuelles dans les processus biologiques, car les chercheurs peuvent supprimer des gènes individuels et voir quel effet cela a. Ce type de recherche n’a pas pu être réalisé chez l’homme.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont examiné le rôle du canal ionique HCN2 chez les souris en les manipulant génétiquement pour ne pas avoir le gène qui produit cette protéine dans leurs nerfs sensibles à la douleur. Ils ont ensuite examiné quel effet cela avait sur la capacité des nerfs sensibles à la douleur à envoyer des signaux, et sur la façon dont les souris ressentaient la douleur.

Les chercheurs ont d’abord essayé des souris génétiquement modifiées de manquer du gène HCN2 dans leur corps, mais cela a conduit les souris à avoir de graves problèmes de mouvement et de mourir avant d’avoir atteint l’âge de six semaines. Ils ont alors décidé de retirer le gène HCN2 seulement dans les nerfs sensibles à la douleur, de sorte que ces effets indésirables généralisés ne se produiraient pas.

Les chercheurs ont testé les réponses de la souris à la douleur en utilisant des tests standards. Par exemple, ils ont testé à quelle vitesse ils ont retiré leurs pieds en réponse à une surface chaude ou froide ou à l’application d’une pression (appelée «stimuli» douloureux). Ils ont également testé ces réponses après avoir injecté aux souris des produits chimiques qui provoquent une inflammation et rendre les souris normales hypersensibles à ces stimuli douloureux.

Enfin, ils ont examiné l’effet de l’exposition de ces souris à la douleur de longue durée causée par des dommages à leurs nerfs. Ce type de douleur est appelée douleur neuropathique. Ils ont utilisé une manière standard de reproduire ce type de douleur, en faisant pression sur le nerf sciatique de la souris. Cela rend généralement les souris plus sensibles aux stimuli douloureux.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont découvert que les souris génétiquement modifiées pour ne pas avoir le gène de HCN2 dans leurs nerfs sensibles à la douleur avaient des perturbations dans les processus électriques normaux qui ont conduit au déclenchement de ces nerfs.

Les souris dépourvues de HCN2 n’ont montré aucun changement de leur seuil de douleur lors d’une exposition à court terme à la chaleur ou à la pression. Cependant, lorsqu’on leur a injecté des produits chimiques qui provoquent une inflammation et rendent les souris normales hypersensibles à la douleur induite par la chaleur et la pression, les souris dépourvues de HCN2 n’ont pas montré d’hypersensibilité à la douleur induite par la chaleur.

Les souris déficientes en HCN2 présentaient également l’hypersensibilité habituelle à la douleur induite par la pression après l’injection, également observée chez les souris normales.

Si les souris génétiquement modifiées ont subi une lésion nerveuse, elles n’ont pas montré l’augmentation de la sensibilité à la chaleur, au froid ou à la pression que les souris normales avec cette lésion ont montrées.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont conclu que la présence de HCN2 est nécessaire pour la détection de la douleur causée par une lésion nerveuse, appelée douleur neuropathique. Ils disent que HCN2 semble également avoir un rôle dans la détection de la douleur associée à l’inflammation. Ils disent que les produits chimiques qui peuvent bloquer sélectivement HCN2 peuvent être utiles comme médicament contre la douleur pour bloquer les effets de la douleur neuropathique et inflammatoire.

Conclusion

Cette recherche a mis en évidence un rôle potentiel de HCN2 dans un type de douleur chronique, appelée douleur neuropathique. Cette connaissance peut aider les scientifiques à développer des médicaments pour cibler ce type de douleur.

La douleur neuropathique est une douleur qui résulte de lésions ou de troubles du système nerveux. Par exemple, la douleur associée à une lésion de la moelle épinière, au zona ou à des tumeurs pressantes sur les nerfs est neuropathique. Ce type de douleur serait difficile à traiter avec des médicaments.

Les scientifiques seront maintenant intéressés à trouver des produits chimiques qui peuvent bloquer l’action du HCN2, et à tester l’effet de ces produits chimiques sur la détection de la douleur chez les animaux. Comme l’élimination complète de HCN2 chez la souris a eu des effets indésirables graves, les scientifiques devraient s’assurer qu’ils pourraient bloquer la protéine de manière à réduire la douleur mais sans avoir ces effets indésirables. Tous les produits chimiques qui semblent prometteurs et qui semblent sûrs devraient ensuite être testés chez les humains.

Il est important de souligner que ce processus de développement de médicaments prend beaucoup de temps et n’est pas toujours couronné de succès, certains produits chimiques semblant avoir un effet chez les animaux ne travaillant pas chez les humains.